Une approche du deuil fondée sur la recherche et tournée vers l’action
Le deuil est une expérience universelle, mais il reste encore largement entouré d’idées reçues et de représentations inexactes.
Deuil Résilient s’appuie sur les connaissances scientifiques contemporaines du deuil et les apports de la psychologie de la résilience pour proposer des repères fiables et des outils concrets.
Notre objectif n’est pas de supprimer la douleur de la perte.
Il est d’aider chacun à mieux comprendre ce qu’il vit, mobiliser ses ressources et retrouver progressivement confiance dans sa capacité à traverser cette épreuve.
La recherche a progressé.
Les représentations du deuil, moins vite.
Pendant des décennies, le deuil a été principalement présenté à travers le modèle des « cinq étapes » popularisé par Elisabeth Kübler-Ross : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation.
Bien que largement diffusé, ce modèle n’a jamais été conçu pour décrire le vécu des personnes endeuillées. Il concernait à l’origine les réactions de personnes atteintes d’une maladie grave confrontées à leur propre fin de vie.
Depuis plus de vingt ans, la recherche internationale a profondément renouvelé la compréhension du deuil.
Les études montrent aujourd’hui qu’il n’existe ni étapes universelles, ni manière correcte de vivre son deuil.
Les parcours sont multiples, les réactions variées et les besoins évoluent au fil du temps.
Notre approche s’appuie sur ces connaissances contemporaines afin d’offrir des repères plus justes, plus nuancés et plus aidants.
Ce que nous défendons
Les modèles contemporains du deuil
Notre approche s’appuie sur plusieurs modèles aujourd’hui reconnus par la communauté scientifique internationale.
Ces modèles permettent de mieux comprendre les mécanismes du deuil et les différentes façons dont les personnes s’adaptent à la perte.
Le Modèle en Double Processus
(Stroebe & Schut)
Le deuil implique une oscillation naturelle entre deux mouvements :
- faire face à la perte et à la douleur
- s’adapter progressivement aux changements imposés par l’absence
Certains jours sont davantage tournés vers la souffrance et le manque. D’autres vers la vie quotidienne, les projets ou les nouvelles responsabilités.
Cette alternance n’est pas un signe de régression ou d’incohérence. Elle constitue un processus naturel d’adaptation.
Ce que cela change
Vous n’avez pas besoin d’être constamment tourné(e) vers votre douleur pour avancer. Les moments où vous pensez à autre chose, où vous riez, où vous vous projetez dans un projet — ces moments ne trahissent pas votre deuil. Ils en font partie.
Les moments de répit ne sont pas une fuite. Ils sont nécessaires, et tout aussi adaptateurs que les moments de pleine confrontation à la perte.
Les Liens Continus
(Klass, Silverman & Nickman)
Pendant longtemps, on a pensé qu’il fallait se détacher du défunt pour aller mieux. Que continuer à penser à lui, à lui parler, à se sentir proche de lui, était un signe que l’on n’avançait pas.
Les recherches montrent aujourd’hui qu’il est possible — et même naturel — de continuer à entretenir un lien avec la personne décédée tout en poursuivant sa vie.
Ce lien peut prendre de nombreuses formes :
- souvenirs
- valeurs transmises
- rituels personnels
- écriture
- héritage symbolique
Ce que cela change
Avancer dans votre deuil ne signifie pas abandonner votre proche, ni trahir ce que vous avez vécu ensemble.
Vous pouvez continuer à lui faire une place dans votre vie — différemment, mais réellement. Le lien se transforme, il ne disparaît pas. Et cette continuité peut devenir une ressource précieuse dans votre reconstruction.
Les Styles de Deuil
(Doka & Martin)
Les personnes ne vivent pas toutes leur deuil de la même manière. Certaines ont besoin d’exprimer leurs émotions, de parler, de pleurer. D’autres traversent leur deuil dans l’action, la réflexion ou la recherche de solutions concrètes. La plupart alternent entre différentes façons de faire selon les périodes et les moments.
Ce que cela change
Il n’existe pas une manière idéale de vivre son deuil — ni une seule façon d’exprimer sa souffrance.
Ne pas pleurer ne signifie pas ne pas souffrir. Préférer agir plutôt que parler n’est pas un mécanisme d’évitement. Et se sentir différent(e) des autres dans sa façon de vivre cette épreuve n’est pas un signe que quelque chose ne va pas.
Reconnaître votre style propre, c’est vous autoriser à vivre votre deuil tel qu’il est — et non tel que vous pensez qu’il devrait être.
La Reconstruction du Sens
(Neimeyer)
Une perte majeure bouleverse souvent bien plus que la relation avec le proche disparu. Elle peut remettre en question notre vision du monde, notre identité, notre rapport à l’avenir et au sens de ce que nous vivons.
Le travail du deuil implique alors une reconstruction progressive — non pas pour effacer ce qui a été, mais pour trouver comment continuer à vivre avec cette absence.
Cette reconstruction peut passer par de nombreux chemins :
- le récit
- la transmission
- l’engagement
- la création
- les relations
Ce que cela change
Traverser un deuil ne consiste pas seulement à survivre à la perte.
C’est aussi, progressivement, se réapproprier qui l’on est après cette épreuve, redécouvrir ce qui donne du sens à sa vie, et construire un nouveau rapport à l’avenir — un avenir qui intègre l’absence sans en être prisonnier.
Ce chemin n’est pas linéaire. Mais il est possible. Et il peut être accompagné.
La résilience :
une capacité qui peut être soutenue et développée
La résilience ne signifie ni oublier, ni rebondir comme si rien ne s’était passé. Elle désigne la capacité à traverser une épreuve tout en préservant progressivement sa capacité à vivre, à aimer, à agir et à construire un nouvel équilibre.
Les recherches montrent que certaines ressources psychologiques et relationnelles favorisent cette adaptation. Et surtout : ces ressources peuvent être identifiées, soutenues et développées.
Ce que cela change concrètement
Le deuil n’est pas quelque chose que l’on subit passivement en attendant que le temps fasse son œuvre.
Il est possible d’être actif dans son propre processus — non pas pour forcer ou accélérer quoi que ce soit, mais pour mobiliser consciemment les ressources qui soutiennent l’adaptation et la reconstruction.
C’est précisément ce que notre approche vise : accompagner chaque personne dans l’identification et le développement de ses propres ressources, à son rythme, selon ce dont elle a besoin, en s’appuyant sur l’Approche Centrée sur les Solutions et Compétences (ACS), la psychoéducation et des outils concrets ciblés.
Les ressources psychologiques
- Régulation émotionnelle
- Auto-compassion
- Espoir
- Flexibilité psychologique
- Sentiment d’efficacité personnelle
- Reconstruction identitaire
- Recherche de sens
Les ressources relationnelles
- Soutien émotionnel
- Soutien pratique
- Sentiment d’appartenance
- Capacité à demander de l’aide
- Gratitude et réciprocité
Les stratégies d’adaptation
- Faire face à la perte
- S’adapter aux changements
- Mobiliser ses ressources
- Se remettre progressivement en mouvement
Comment cette approche se traduit concrètement
Comprendre les mécanismes du deuil est utile. Mais comprendre ne suffit pas toujours à traverser l’épreuve.
C’est pourquoi nous avons traduit ces connaissances en outils concrets, directement mobilisables dans le quotidien — pour que chaque personne puisse non seulement mieux comprendre ce qu’elle vit, mais aussi agir, progressivement, sur sa propre capacité à traverser cette épreuve.
Dans la plateforme, chaque ressource vise un objectif précis :
- mieux comprendre ce que l’on vit
- développer ses ressources psychologiques
- renforcer ses liens avec les autres
- construire de nouvelles stratégies d’adaptation
- retrouver progressivement confiance en sa capacité à faire face
Notre ambition est simple
Que chaque personne endeuillée puisse passer d’un sentiment de subir à celui d’agir — à son rythme, pas à pas — et retrouver l’espoir que traverser cette épreuve est possible.
Une démarche construite avec des personnes endeuillées
La plateforme Deuil Résilient n’est pas née d’une théorie. Elle est née d’une rencontre réelle avec des personnes endeuillées, de ce qu’elles ont traversé, de ce dont elles avaient besoin et de ce qui les a aidées à avancer.
Avant de devenir une plateforme numérique, le programme a fait l’objet d’une étude pilote menée auprès de personnes endeuillées présentant des facteurs de risque de complications de deuil. Cette expérimentation, réalisée dans le cadre du Diplôme Universitaire « Développer la santé mentale et relationnelle » de l’Université Grenoble Alpes, a permis d’évaluer les effets du programme sur la résilience, la santé mentale et les stratégies d’adaptation.
Les enseignements tirés de cette expérience — les résultats observés, mais aussi les besoins exprimés par les participants — ont directement contribué à construire ce que la plateforme est aujourd’hui.
Accompagner, sensibiliser, former
Le deuil ne concerne pas uniquement les personnes directement touchées par une perte.
Il concerne aussi leurs proches, les professionnels qui les accompagnent et les milieux dans lesquels elles vivent et travaillent.
C’est pourquoi l’approche Deuil Résilient se déploie à travers trois dimensions complémentaires.
La plateforme
Un accompagnement structuré destiné aux personnes endeuillées.
Sensibilisation
Faire évoluer les représentations du deuil et diffuser des repères fiables auprès du grand public.
Formation
Permettre aux professionnels d’actualiser leurs connaissances et leurs pratiques à la lumière des données scientifiques contemporaines.
Une approche née de l’expérience, ancrée dans la recherche
Deuil Résilient est porté par Katia Boisseau, thérapeute spécialisée dans l’accompagnement du deuil.
Cette approche s’est construite au fil des années de pratique auprès de personnes endeuillées, et d’un engagement continu dans la recherche et la formation spécialisée autour du deuil et de la résilience.
Elle articule expérience clinique, connaissances scientifiques actuelles et amélioration continue — notamment à travers un partenariat de recherche avec l’Université Paris 8 — avec une conviction centrale : les personnes endeuillées méritent des repères fiables et un accompagnement réellement adapté à ce qu’elles vivent.
