L’impact du deuil sur le travail : ce que les employeurs et les managers doivent savoir

Le deuil est une expérience profondément humaine qui touche, un jour ou l’autre, chacun d’entre nous. Pourtant, lorsqu’un collaborateur revient au travail après la perte d’un proche, les attentes restent souvent les mêmes : reprendre rapidement son rythme, retrouver son niveau de performance et poursuivre ses activités comme auparavant.

Or, le deuil ne s’arrête pas lorsque l’on franchit la porte de son entreprise.

Pour les employeurs, les managers et les équipes, mieux comprendre les effets du deuil permet d’adopter une posture plus adaptée, de favoriser le dialogue et de créer un environnement de travail où les collaborateurs peuvent se sentir soutenus pendant cette période particulièrement éprouvante.

Pourquoi est-il important de parler du deuil en entreprise ?

Le deuil concerne toutes les organisations, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité.

Pourtant, il reste encore un sujet peu abordé dans le monde professionnel. Beaucoup de managers disent ne pas savoir comment réagir, tandis que les collaborateurs en deuil craignent parfois d’être perçus comme moins investis ou moins performants.

Reconnaître que le deuil peut avoir des répercussions sur le travail permet d’éviter les incompréhensions, de maintenir un dialogue ouvert et d’accompagner plus sereinement le retour à l’activité.

Le deuil, c’est bien plus que de la tristesse

Le deuil ne se résume pas à la tristesse.

Il peut également affecter :

  • la concentration ;
  • la mémoire ;
  • la prise de décision ;
  • la motivation ;
  • le niveau d’énergie ;
  • la confiance en soi ;
  • les relations avec les collègues ;
  • la santé physique.

Certaines personnes décrivent un véritable « brouillard mental », tandis que d’autres ressentent un épuisement important, de l’anxiété, de l’irritabilité ou un profond sentiment d’accablement.

Chaque personne vit le deuil à sa manière. Il n’existe ni délai universel ni réaction standard.

Pourquoi le travail devient-il parfois plus difficile ?

Après une perte importante, il faut souvent faire face simultanément à de nombreuses responsabilités :

  • organiser les obsèques ;
  • accompagner les proches ;
  • effectuer les démarches administratives et financières ;
  • s’adapter à une nouvelle organisation familiale ;
  • traverser des émotions intenses ;
  • composer avec une fatigue souvent importante.

Dans ce contexte, des tâches auparavant simples peuvent soudain devenir très exigeantes.

Des difficultés de concentration et de mémoire

L’une des conséquences les plus fréquentes du deuil est la difficulté à rester concentré.

Les collaborateurs peuvent avoir besoin de relire plusieurs fois un e-mail, oublier une information importante, perdre le fil d’une réunion ou éprouver des difficultés à organiser leurs priorités.

Certaines personnes parlent d’un « cerveau en deuil » ou d’un « brouillard mental ».

Ces difficultés sont généralement temporaires. Elles ne traduisent ni un manque de motivation, ni un manque de compétences. Elles reflètent l’importante charge cognitive mobilisée par le processus de deuil.

Une baisse temporaire de la productivité

Le deuil peut également entraîner une diminution de la productivité.

Certaines personnes mettent davantage de temps à accomplir leurs tâches, ont besoin de pauses plus fréquentes ou rencontrent des difficultés à prendre des décisions.

À l’inverse, d’autres peuvent s’investir excessivement dans leur travail pour tenter de mettre à distance leur souffrance.

Ces réactions sont différentes, mais toutes deux peuvent faire partie du processus de deuil.

Le présentéisme : une réalité souvent invisible

Lorsque l’on évoque le deuil au travail, l’attention se porte souvent sur l’absentéisme. Pourtant, le présentéisme est une réalité tout aussi importante, bien qu’elle soit moins visible.

Le présentéisme désigne une situation où un collaborateur est physiquement présent à son poste, mais ne peut momentanément mobiliser toutes ses capacités en raison de ce qu’il traverse.

Après un deuil, une personne peut participer aux réunions, répondre à ses e-mails, respecter ses échéances et accomplir ses missions, tout en fournissant un effort considérable pour faire face à la journée. Derrière une apparente reprise de l’activité, la souffrance peut rester très présente.

Il est alors facile de penser que, parce qu’un collaborateur est revenu au travail, il a retrouvé son équilibre. En réalité, il peut encore consacrer une grande partie de son énergie à composer avec son deuil.

C’est pourquoi le soutien ne devrait pas se limiter au moment du retour. Des échanges réguliers, empreints d’écoute et de bienveillance, permettent de prendre en compte l’évolution des besoins de la personne et de l’accompagner plus justement au fil du temps.

Fatigue, anxiété et perte de confiance

Le deuil s’accompagne fréquemment de troubles du sommeil, d’une fatigue importante et d’une plus grande vulnérabilité au stress.

Certaines personnes remettent également davantage leurs compétences en question et hésitent à prendre des décisions ou à assumer de nouvelles responsabilités.

Une baisse temporaire de la confiance en soi ne signifie pas que la personne a perdu ses capacités. Elle traduit souvent l’impact émotionnel d’un événement profondément bouleversant.

Le deuil influence aussi les relations professionnelles

Chaque collaborateur exprime son deuil différemment.

Certains souhaitent en parler ouvertement. D’autres préfèrent préserver leur intimité.

De leur côté, les collègues peuvent craindre de dire quelque chose de maladroit ou, au contraire, éviter le sujet.

Créer une culture où le deuil peut être reconnu avec simplicité contribue à limiter ces malaises et favorise des relations plus authentiques.

Comment les managers peuvent-ils soutenir un collaborateur en deuil ?

Les managers n’ont pas besoin d’être des spécialistes du deuil.

En revanche, quelques gestes simples peuvent faire une réelle différence :

  • reconnaître la perte avec des mots simples ;
  • demander au collaborateur ce dont il a besoin plutôt que faire des suppositions ;
  • envisager, lorsque cela est possible, des aménagements temporaires (horaires flexibles, télétravail, adaptation de la charge de travail…) ;
  • maintenir un dialogue régulier, y compris plusieurs semaines ou plusieurs mois après le retour.

Un enjeu humain pour toutes les organisations

Soutenir un collaborateur en deuil ne signifie pas abaisser durablement les exigences.

Il s’agit de reconnaître qu’une personne confrontée à une perte importante peut avoir besoin, pendant un temps, d’écoute, de compréhension et de souplesse.

Une organisation qui prend en compte cette réalité favorise non seulement le bien-être de ses collaborateurs, mais aussi la confiance, l’engagement et la qualité des relations de travail.

En conclusion

Le deuil peut avoir un impact sur la concentration, la mémoire, l’énergie, la confiance en soi, les relations professionnelles et la performance au travail. Ces changements sont souvent temporaires, mais ils méritent d’être compris.

Bien souvent, le soutien le plus précieux ne repose pas sur des dispositifs complexes, mais sur une combinaison d’écoute, de dialogue, de compréhension et de flexibilité.

Parce que le deuil est une réalité humaine qui concerne toutes les organisations, nous proposons des interventions de sensibilisation destinées aux entreprises, aux institutions et aux équipes. Ces temps d’échange permettent de mieux comprendre les impacts du deuil en milieu professionnel, de favoriser le dialogue et de réfléchir ensemble aux pratiques les plus adaptées à chaque structure.

N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez en savoir plus ou échanger sur les besoins de votre organisation.

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