Comment faire face à la perte d’un être cher ?

Dans les jours et semaines qui suivent le décès d’un être cher, de nombreux conseils de toute part sont prodigués. Bien que certains conseils puissent être aidants, l’enjeu de ces premiers temps, qui est de survivre, implique de faire passer en premier lieu ses propres besoins, même s’ils sont contraires à vos habitudes ou aux conventions habituelles de la société.

Voici quelques stratégies qui peuvent vous aider à traverser ces premiers temps, en appui sur vos besoins.

Faîtes ce dont vous avez besoin

Lorsque le but est aussi fondamental que la survie, les règles habituelles de la vie ne s’appliquent pas. C’est vous qui êtes aux commandes : c’est vous qui comptez, vous qui devez survivre ! Vous avez ainsi carte blanche pour faire tout ce qu’il faut pour passer les premiers jours et les premières semaines. Dormez autant que vous voulez, faites ce que vous voulez, ressentez ce que vous voulez. Personne ne peut vous dire comment vous comporter ou agir.

Pour déterminer plus précisément votre besoin, demandez-vous, à chaque tâche que vous devez accomplir : « Est-ce que cela va m’aider à m’en sortir ou est-ce que cela va aggraver la situation ? ». Considérer ses pensées et ses actions de cette manière – en se demandant « Est-ce que cela aide ou nuit ? » – est un principe central de la thérapie cognitivo-comportementale. Il s’agit d’un critère beaucoup plus utile faire face aux premières semaines, que de se fier aux conventions de la société.

Il ne s’agit pas ici de transgressions majeures, mais de petits choix comme, par exemple, la décision d’ouvrir ou non, de répondre ou non à toutes les lettres de sympathie et de soutien, aux messages reçus chaque jour, le fait de recevoir ou non des proches chez soi, d’aller ou non dans tel endroit attendu …

Le fait de remettre en question ses pensées et ses actions en se demandant « Est-ce que cela peut aider ou nuire à son rétablissement ? » donne un minimum de contrôle dans cet océan d’impuissance.

Choisissez où focaliser son attention

Le nombre d’informations que le cerveau humain peut traiter est limité. Le point essentiel à comprendre est que si, même un cerveau humain fonctionnant de manière optimale a une capacité de traitement limitée, imaginez à quel point la sélection du bon contenu à traiter est importante pour ceux qui sont en deuil. S’il y a une limite à ce qu’il est possible de vivre à un moment donné, ce sur quoi l’on choisit de concentrer son attention devient extrêmement influent pour déterminer le contenu et la qualité de sa vie quotidienne, comme l’explique la psychologue Mihayl Csikszentmihalyi. Il est ainsi essentiel de ne pas disperser son attention comme de s’auto-blâmer ou de blâmer les autres par exemple, mais plutôt de focaliser sur ce qui peut aider à préserver son énergie.

Ressentez la douleur

Quand des événements traumatisants se produisent, nous, les êtres humains, avons une tendance naturelle à fuir la douleur. Or, le traitement de la douleur du chagrin fait partie d’une des 4 tâches définies par Worden « Tout le monde ne ressent pas la même intensité de douleur, ou ne la ressent pas de la même manière, mais il est presqu’impossible de perdre quelqu’un à qui vous avez été profondément attaché, sans ressentir un certain niveau de douleur ».

Les personnes nouvellement endeuillées ne sont souvent pas préparées à faire face à la force et à la nature des émotions qui suivent une perte. Il n’existe malheureusement pas, pour y faire face de manière saine et adaptée, de moyens de contourner la douleur. Cela implique d’adopter une approche des émotions, autour du ressenti et de l’expression de celles-ci. Ressentir le chagrin, sangloter bruyamment ou pleurer en silence sont des choses effrayantes. Mais face à la douleur de la perte, vivre ces émotions de plein fouet ne peut en aucun cas faire plus de mal. Et, faire l’expérience de la douleur fait partie de la vie, un symptôme de l’amour porté aux personnes qui ne sont plus là ….

Rétablissez vos habitudes et routines

Le rétablissement de routines indique à notre cerveau que nous sommes en sécurité, que la période de crise est terminée et qu’il est normal de désamorcer le fonctionnement d’alerte rouge qui est la réaction de notre corps aux événements traumatisants.

La prévisibilité des routines aide à se sentir plus en sécurité, à minimiser le stress, l’anxiété et le désespoir. Des études montrent que la résilience familiale est d’une importance capitale. Garder la famille unie après une catastrophe, une perte importante, reprendre les routines et le fonctionnement ordinaire du mieux que vous le pouvez, aide les enfants à faire face. Le retour à la garderie, le retour à l’école, les repas de famille, les histoires au coucher, les clubs de sports et toutes les occasions de socialiser, donnent le sentiment que la vie adopte….progressivement… une nouvelle normalité. Ces gestes répétitifs sont rassurants, non seulement pour les enfants, mais également pour les adultes qui les entourent.

Parfois, il faut plus de temps aux adultes pour reprendre le travail, l’intérêt étant trop minimal pour les activités habituelles, et la capacité de concentration trop vagabonde et fluctuante. Pour certains, le travail peut représenter assez rapidement un espace de répit au deuil, favorisant également une certaine routine et des repères connus rassurants. C’est à chacun de sentir le juste moment pour soi… Encore une fois, il n’y a pas de règles !

Cependant, et même en dehors d’une reprise ou non de travail, le rétablissement de routines telles que l’heure de lever, petit-déjeuner, ballade, déjeuner, sieste, dîner, heure de coucher … sont des points de repères structurants.

Conclusion

Ces quelques stratégies ne sont pas des vérités en soi, et n’ont de sens que parce qu’elles peuvent être expérimentées, et que vous pouvez ressentir lesquelles sont utiles et aidantes pour vous.

N’hésitez pas à venir partager en commentaire quelles stratégies vous ont aidé(e), à partager cet article autour de vous et à lire nos autres articles sur le deuil résilient.

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