Pourquoi parler de « phases » du deuil aujourd’hui ?
Le terme « phases du deuil » reste largement utilisé pour désigner les moments clés traversés lors d’une perte. Pourtant, la recherche actuelle démontre que le deuil ne suit pas un parcours linéaire ou universel. Les phases, loin d’être des étapes figées, désignent plutôt des mouvements, des oscillations et des expériences variées qui jalonnent ce processus profondément individuel.
Limites du modèle classique des phases du deuil
Le modèle des cinq étapes de Kübler-Ross a longtemps servi de référence. Cependant, il est aujourd’hui remis en question pour plusieurs raisons majeures :
- Il suppose une progression linéaire, alors que le vécu du deuil est fluctuant.
- Il ne s’appuie pas sur des preuves scientifiques robustes et ne prend pas en compte la diversité des réactions humaines.
- Il peut générer de la culpabilité chez ceux qui ne s’y reconnaissent pas ou ne « passent pas toutes les phases ».
Les nouveaux modèles des phases du deuil
Le modèle du double processus
Le modèle du double processus, développé par Stroebe et Schut, propose une vision dynamique des phases du deuil. Il distingue deux grandes orientations :
- Orientation vers la perte : moments où la personne se confronte à la douleur, à la tristesse et aux souvenirs.
- Orientation vers la restauration : moments où l’on s’adapte à la vie sans la personne disparue, en développant de nouvelles habitudes ou en reprenant des activités.
L’originalité de ce modèle réside dans l’oscillation naturelle entre ces deux phases. Cette alternance permet de gérer la souffrance tout en avançant dans la reconstruction de sa vie.
Le modèle résilient
Lucy Hone propose une approche axée sur la résilience, où les phases du deuil sont vues comme des occasions d’adaptation. Ce modèle met en avant :
- L’acceptation de la souffrance comme composante de la vie.
- La capacité à se concentrer sur ce qui est utile et contrôlable.
- L’intégration de la perte dans son histoire personnelle, en trouvant du sens et en honorant la mémoire du défunt.
Les phases du deuil : une expérience unique et évolutive
Aujourd’hui, il est admis que les phases du deuil ne sont ni fixes ni universelles. Chacun traverse des moments de douleur, de questionnement, de reconstruction et parfois de répit, dans un ordre et avec une intensité qui lui sont propres. Le deuil est un processus fait d’allers-retours, de pauses et de reprises, où l’on oscille entre confrontation à la perte et adaptation à la nouveauté.
Conseils pour traverser les phases du deuil
- Accepter que le processus ne soit pas linéaire.
- S’autoriser à ressentir toutes les émotions, sans se comparer à des modèles.
- Chercher du soutien auprès de proches ou de professionnels si besoin.
- Prendre soin de soi et respecter son propre rythme.
Conclusion
Les phases du deuil, loin d’être des étapes obligatoires, sont des repères pour comprendre la diversité et la complexité du vécu de chacun. Les modèles contemporains invitent à une vision plus souple et respectueuse, valorisant l’adaptation, la résilience et l’unicité de chaque parcours de deuil.
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